Inactivation du chromosome X
Biologie Cellulaire, Biologie Moléculaire, Génétique 1 commentaire »Toutes nos cellules somatiques (c’est à dire les cellules de notre corps qui ne sont pas germinales) possèdent 23 paires de chromosomes dont 1 paire de gonosomes (= chromosomes sexuels). Comme nous l’avons vu dans l’article d’Introduction à la génétique, les individus mâles possèdent un chromosome X et un chromosome Y, tandis que les femmes possèdent deux chromosomes X.
Or le chromosome X est beaucoup plus gros (environ 1000 gènes) que le chromosome Y (environ 100 gènes). Ce déséquilibre fait que les femmes doivent “inactiver” un de leurs deux chromosomes X. Cette inactivation est faite au hasard la plaupart du temps et porte aussi le nom de “lyonisation”.
C’est ce phénomène qui est à l’origine du pelage “en écailles de tortue” de certaines chattes. En effet, de manière simplifiée, les gènes du pelage chez le chat sont situés sur le chromosome X. Les chattes de ce type possède sur un chromosome X le gène de la couleur noir et sur l’autre le gène de la couleur orange. Au stade embryonnaire (environ 1000 cellules), l’embryon inactive au hasard un de ses deux chromosomes X dans chaque cellule, si bien qu’environ la moitié de ses cellules porteront le gène “pelage noir” et l’autre moitié porteront le gène “pelage orange”. Chez ces chattes, les cellules qui ont inactivé le même chromosome ont tendance à se regrouper, ce qui explique les grandes plages de pelage de même couleur.

Photo : Diane F. Evartt
Ce phénomène explique aussi pourquoi, dans les maladie liées à l’X (c’est à dire les maladies génétiques dont le gène incriminé est situé sur le chromosome X), les femmes ne sont en général pas atteinte de la maladie. En effet, elle possèdent le gène altéré dans la moitié de leurs cellules, mais l’autre moitié des cellules ont le gène sain. La fonction du gène à l’échelle de l’organisme est donc préservée.
Exemple d’arbre généalogique d’une famille dont certains membres sont atteints d’une maladie génétique liée à l’X :

Image : Université de Rennes


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